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Le prophète (Khalil Gibran)

Formellement c'est un roman, mais il est difficile de le lire comme un roman, et d'ailleurs la couverture ne porte pas le mot "roman".

Contrairement à ce que son nom pourrait laisser entendre, l'auteur n'était pas musulman mais chrétien maronite. Mais ses oeuvres ont été brûlées un temps dans son pays, le Liban, par les autorités aussi bien chrétiennes que musulmanes. Lui a surtout vécu en Occident (Etats-Unis et France).

Le début :

Almustafa, l'élu et le bien-aimé, qui était l'aurore de son propre jour, avait atttendu durant douze années dans la cité d'Orphalèse que revînt le vaisseau qui devait le ramener dans l'île de sa naissance.
Et la douzième année, au septième jour d'Ielool, mois de la récolte, il gravait la colinne hors des murs de la ville et regarda la mer ; et il aperçut son vaisseau venant avec la brume.

Et les anciens, et les prêtres et les prêtresses d'Orphalèse lui demandent de les enseigner avant de les quitter. Il hésite, et puis une voyante du nom d'Almitra arrive à le convaincre par ces mots :

Pourtant avant que vous ne nous quittiez, nous souhaitons que vous nous parliez et nous donniez de votre vérité.
Et nous la donnerons à nos enfants, et eux-mêmes à leurs enfants et elle ne périra point. Dans votre solitude, vous avez veillé avec nos jours et dans votre veille vous avez récolté les pleurs et les rires de notre sommeil.
Maintenant révélez-nous donc à nous-mêmes et dites-nous tout ce qui vous a été découvert de cela qui est entre la naissance et la mort.

Et c'est tout pour l'action, toute la suite sera faite des questions des différentes catégories de la population (corps de métier, etc.), et les réponses d'Almustafa, jusqu'à la séparation finale.

Alors, dit un professeur, Parlez-nous d'Enseignement.
Et il dit :
Aucun homme ne peut rien vous révéler sinon ce qui repose déjà à moitié endormi dans l'aube de vos connaissances.
Le maître qui marche à l'ombre du temple, parmi ses disciples, ne donne pas de sa sagesse mais plutôt de sa foi et de son amour.

On aura compris qu'il y a beaucoup de philosophie, teintée de mystique.

Du bien qui est en vous je peux parler, mais non du mal.
Car le mal, qu'est-ce sinon le bien torturé par sa propre faim et sa propre soif ?
En vérité, lorsque le bien est affamé, il cherche sa nourriture même dans des caves obscures, et lorsqu'il est assoiffé, il s'abreuve même d'eaux mortes.

La pensée est un oiseau de l'espace, qui dans une cage de mots peut ouvrir ses ailes mais ne peut voler.

Ne dites pas "j'ai trouvé la vérité", mais plutôt "j'ai trouvé une vérité".

Par la douleur se brise la coquille qui enveloppe notre entendement.



24/07/2009
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